La capitale congolaise a vibré ,ce jeudi 17 avril 2025, au rythme de l’innovation locale et de l’audace entrepreneuriale avec la première édition du Congo Business Expo, organisée à la Maison de l’Entrepreneuriat.
Cet événement d’envergure, placé sous le haut patronage du ministre de l’Industrie et du Développement des Petites et Moyennes Entreprises (PME), Louis Watum Kabamba, a réuni des décideurs politiques, des institutions publiques, des entrepreneurs, des investisseurs ainsi que de jeunes innovateurs venus des quatre coins du pays.
Une journée d’engagement et de solidarité nationale

Dans une atmosphère à la fois solennelle et militante, Aurélie Nguwa, membre de Congo Business Expo, a donné le ton dans son discours d’ouverture.
Saluant les autorités présentes, dont des députés, sénateurs, et le conseiller principal de la Première ministre chargé de l’entrepreneuriat, elle a invité l’assemblée à observer une minute de silence en mémoire des victimes de l’Est du pays, soulignant que :
« La RDC ne peut pas avancer sans eux, et leur souffrance doit résonner en chacun de nous comme une urgence nationale. »
Dans son mot de circonstance, Aurélie Nguwa a insisté :
« Produire local, ce n’est pas seulement renforcer l’économie. C’est restaurer la dignité des familles, créer de l’emploi, et bâtir l’espoir pour notre jeunesse. »
Présentation officielle du Congo Business Expo

Prenant la parole à son tour, Ronaldo Mayimbu, également membre de l’organisation, a présenté la vision du Congo Business Expo : une plateforme de connexion et de visibilité pour les entrepreneurs congolais, avec un accent particulier sur les jeunes et les femmes.
Il a rappelé que face à un chômage croissant et à l’importation massive de produits, l’autonomisation par l’entrepreneuriat devient une urgence nationale.
« Nous voulons que cette plateforme soit un catalyseur de partenariats, un déclencheur de politiques publiques ambitieuses, et un symbole d’un Congo qui croit en ses talents. » a-t-il dit.
À la suite de cette présentation, l’honorable député Eliezer Ntambwe a partagé une réflexion percutante sur l’orientation éducative et économique du pays, en posant une question fondamentale :
« Voulons-nous un pays des diplômés sans emploi ou un pays des métiers créateurs de richesse ? »
Son intervention a mis en lumière l’importance de valoriser la formation technique et professionnelle, soulignant que le développement durable de la RDC passera aussi par la promotion des savoir-faire pratiques et des métiers générateurs d’emplois directs.
Une mobilisation institutionnelle forte

L’Agence nationale de développement de l’entrepreneuriat congolais (ANADEC), par la voix de son directeur général, Mathieu Tshibumbu, a accueilli l’événement en exposant les projets d’incubateurs en cours.
Ceux-ci permettront aux entrepreneurs sans équipements industriels de bénéficier d’unités semi-industrielles mises à disposition dans plusieurs provinces.
« Le gouvernement a instauré ce système d’incubateurs pour accompagner concrètement les jeunes entrepreneurs dans la fabrication locale », a-t-il précisé.
L’APROCM, représentée par son directeur général Pascal Tchelo, a mis en avant sa mission de promotion de la classe moyenne congolaise, en appui au développement des PME par des politiques de financement structurant.
Le FNJEC, patronat des jeunes entrepreneurs congolais, avec son coordonnateur Érick Makuala, a insisté sur l’importance de l’application de la loi sur l’entrepreneuriat et les start-ups et la création de véritables cadres de concertation et d’incubation.

De son côté, Hélène Gakuru, directrice adjointe du FOGEC, a rappelé que plus d’1,8 million de dollars ont déjà été distribués à des MPME dans quinze provinces grâce au Fonds de garantie de l’entrepreneuriat au Congo, facilitant ainsi l’accès au financement.
« Notre objectif est de rapprocher les solutions financières des entrepreneurs, de manière inclusive et adaptée aux réalités locales. » a-t-elle affirmé.
Des figures inspirantes et des panels enrichissants

Parmi les figures marquantes, Varlette Mampasi, auteure du livre intitulé « Guide des handipreneurs : Une nouvelle génération d’entrepreneurs », a défendu l’inclusion des personnes en situation de handicap dans le monde entrepreneurial, dénonçant leur marginalisation souvent associée à la mendicité.

Toutes ces interventions ici de deux panels de haut niveau qui ont rythmé la journée, modérés par Armand Lambert Kitenge, Directeur Général du Centre Hospitalier Universitaire Renaissance.
Ces moments d’échange ont permis de discuter de l’écosystème entrepreneurial, de la résilience économique et de la nécessité d’un accompagnement structurel des porteurs de projets.
Une symbolique forte : consommer congolais

Dans un geste fort et hautement symbolique, le ministre Louis Watum Kabamba a lancé officiellement l’événement en mettant en avant des produits 100 % locaux :
« J’ai pris un café made in Congo, je porte des chaussures made in Congo, et mon téléphone est de marque Okapi, également made in Congo. »
Une manière d’incarner pleinement l’esprit de cette exposition.
Un mémo remis au ministre et une visite des stands
Jordan Nankomo, entrepreneur engagé et membre du Congo Business Expo, a profité de cette opportunité pour remettre un mémo officiel des entrepreneurs au ministre, portant leurs recommandations pour un meilleur accompagnement et un environnement entrepreneurial plus favorable.
La visite des stands par le ministre a conclu cette première édition, dans une ambiance conviviale et fière des produits locaux exposés. Il a d’ailleurs tenu à acheter personnellement plusieurs articles, marquant ainsi son soutien aux entrepreneurs.
Cette première édition du Congo Business Expo s’est achevée sur une note d’espoir et d’engagement.
Les organisateurs ont d’ores et déjà annoncé que la prochaine édition se tiendra dans une autre province du pays, dans l’optique de décentraliser l’opportunité et de valoriser toutes les potentialités des 26 provinces du Congo.
« Le développement de la RDC ne viendra pas d’ailleurs. Il partira d’ici, de nous, de chaque initiative locale valorisée et accompagnée », a conclu Aurélie Nguwa.
Lydia Mangala


