Les pluies diluviennes qui ont frappé lq ville de Kinshasa dans la nuit du 4 au 5 avril ont déjà fait au moins 33 morts et semé la désolation dans plusieurs communes de la capitale.
Mais pour Augustin Tagisabo, chef de division à l’Agence nationale de météorologie et de télédétection par satellite (METTELSAT), le pire est loin d’être passé :
« Nous ne sommes qu’au début de la saison ; d’autres épisodes pluvieux tout aussi intenses peuvent survenir », prévient‑il.
Les habitations submergées et des quartiers isolés, privés d’eau potable et d’électricité.
« Le pire n’est pas encore arrivé »
À Binza, METTELSAT a mesuré 34 mm de pluie en une nuit ; dans d’autres secteurs, comme Ndjili ou Mont Amba, l’absence de station empêche encore toute quantification précise.
« Sans données complètes, nous sous‑estimons l’ampleur du phénomène », alerte Tagisabo.
Pour l’expert, l’urgence est double :
– Prévenir – déployer des équipes de surveillance et renforcer la sensibilisation aux risques liés aux eaux stagnantes.
– Protéger – déplacer rapidement les populations installées en zones inondables, notamment le long de la rivière Ndjili et de ses affluents, avant le prochain épisode pluvieux.
Des recommandations claires pour les autorités
« L’État doit prendre ses responsabilités », insiste Tagisabo :
« Il faut dégager les lieux inondables et reloger temporairement ces familles dans des zones plus sûres ; sinon, de nouveaux drames sont à craindre. »
Il propose également de multiplier les stations de mesure pour dresser une cartographie précise des zones à risque et d’équiper les services de secours en kits de pompage et de drainage.
Vers une gestion préventive des crues
Alors que Kinshasa entre dans la pleine saison des pluies, l’appel de METTELSAT sonne comme un ultimatum : sans actions rapides et coordonnées, chaque nouvelle averse pourrait se transformer en catastrophe.
Relocalisation des riverains, renforcement des infrastructures de drainage et amélioration du maillage météorologique sont autant de chantiers à lancer sans délai pour protéger la population et éviter que le bilan humanitaire ne s’alourdisse.
Lydia Mangala


