En République démocratique du Congo, ce vendredi 1er mai 2026 est officiellement déclaré jour férié, chômé et payé sur toute l’étendue du territoire national. À travers cette mesure, le gouvernement, par le biais du ministère de l’Emploi et du Travail, entre dans le respect de l’ordonnance n°23/042 du 30 mars 2023 fixant la liste des jours fériés légaux. Mais au-delà de son caractère administratif, cette journée revêt une reconnaissance du rôle essentiel des travailleurs dans la construction économique et sociale du pays.
Connue mondialement comme la Fête du Travail, cette date ne relève pas du hasard. Elle plonge ses racines dans l’histoire des luttes sociales du XIXe siècle, marquées par une mobilisation intense des ouvriers pour améliorer leurs conditions de travail. En 1886, aux États-Unis, des milliers de travailleurs descendent dans les rues pour réclamer la journée de huit heures. À Chicago, le mouvement prend une tournure dramatique lors des événements de Haymarket, où une manifestation dégénère après l’explosion d’une bombe. La répression qui s’ensuit choque l’opinion internationale et marque durablement la mémoire ouvrière.
Trois ans plus tard, en 1889, la IIe Internationale socialiste, réunie à Paris, décide de faire du 1er mai une journée mondiale de revendication et de solidarité entre travailleurs. Dès 1890, cette journée est célébrée dans plusieurs pays, devenant progressivement un symbole universel de lutte pour les droits sociaux.
Au fil du temps, les revendications portées par ces mouvements ont permis des avancées majeures, notamment la reconnaissance de la durée légale du travail, l’amélioration des conditions professionnelles et la mise en place de droits sociaux fondamentaux. Le 1er mai s’est ainsi transformé, passant d’une journée de contestation à un moment de commémoration et de valorisation du travail.
En RDC, cette journée est généralement marquée par des manifestations syndicales, des défilés et des prises de parole mettant en avant les défis persistants du monde du travail entre autres conditions salariales, protection sociale, emploi des jeunes ou encore formalisation du secteur informel. Elle offre aussi un espace de dialogue entre les autorités publiques, les employeurs et les organisations des travailleurs.
Dans un contexte où une grande partie de l’économie congolaise repose encore sur l’informel, la célébration du 1er mai prend une dimension particulière. Elle rappelle non seulement les acquis à préserver, mais aussi les efforts à poursuivre pour garantir des conditions de travail dignes à l’ensemble des citoyens.
Cette journée est surtout une pause collective, un moment pour reconnaître la valeur du travail sous toutes ses formes. Des bureaux aux marchés, des chantiers aux salles de classe, elle rend hommage à celles et ceux qui, chaque jour, contribuent à faire avancer le pays.
Le 1er mai reste ainsi le rappel d’un combat historique, mais aussi d’un engagement toujours actuel en faveur d’un travail plus juste, plus équitable et plus humain.
Joëlle Luniongo


