Lundi 8 septembre 2025, Genève a accueilli une conférence scientifique consacrée au Genocost, en marge de la 60ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies.
L’événement, porté par le Fonds national de réparation des victimes (FONAREV) et CIA-VAR, a réuni des responsables congolais, experts internationaux, universitaires et acteurs des droits humains, tous déterminés à faire entendre la voix des victimes des trente dernières années de violences en République démocratique du Congo (RDC).
Au centre des débats, un appel à été lancé sur la reconnaissance internationale des génocides commis sur le sol congolais et la mise en place d’une justice crédible, inclusive et durable.
« Les ressources doivent panser les plaies »
Clôturant la conférence, Guillaume Ngefa, ministre d’État en charge de la Justice, a souligné que reconnaître les génocides congolais, c’est honorer les victimes et affirmer que l’impunité ne sera jamais tolérée.
Il a mis en avant le rôle du FONAREV, financé notamment par une partie de la redevance minière, comme outil national de réparation.
« Les ressources naturelles, longtemps associées à la tragédie et aux conflits, doivent cette fois servir à panser les plaies », a-t-il insisté.
Le ministre a rappelé la position du gouvernement : la RDC ne recherche ni vengeance, ni division, mais bien la vérité et la justice, conformément à la vision du président Félix Tshisekedi.
Des crimes systématiques et planifiés
Samuel Mbemba, ministre des Droits humains, a retracé la longue série de crises humanitaires qui ont frappé la RDC depuis 1993, pointant la responsabilité des guerres d’agression et de la présence de groupes armés étrangers.
Ces violences, a-t-il dit, se sont traduites par des massacres, des déplacements massifs et des violences sexuelles à grande échelle, constituant de véritables crimes contre l’humanité.
De son côté, Adama Dieng, premier envoyé spécial de l’Union africaine pour la prévention du génocide, a rappelé les conclusions du rapport Mapping des Nations unies, qui documente de nombreuses violations pouvant être qualifiées de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
Il a appelé à des réformes profondes des systèmes judiciaire et sécuritaire pour mettre fin au cycle de l’impunité.
La communauté internationale interpellée
La cheffe de la Monusco, Bintou Keita, a réaffirmé l’appui des Nations unies à la RDC, tout en insistant sur la nécessité que le processus de justice transitionnelle soit porté par les Congolais eux-mêmes et conforme aux standards internationaux.
« Construire une paix durable en RDC est une obligation morale, une responsabilité historique et une opportunité unique d’offrir aux victimes la possibilité de contribuer à un avenir meilleur », a-t-elle déclaré.
Une mémoire contre l’oubli
Tout au long des échanges, un consensus s’est dégagé : la mémoire des victimes doit primer sur l’oubli et la division.
L’exigence de reconnaissance des génocides congolais n’est pas seulement une revendication nationale, mais une interpellation adressée à la communauté internationale pour bâtir une paix fondée sur la justice et la dignité.
En conclusion, le ministre Guillaume Ngefa a remercié les participants pour leur solidarité, soulignant que ce soutien était essentiel pour aboutir à la reconnaissance rapide et large des génocides congolais.
Lydia Mangala


