Le vendredi 30 mai 2025, sous la présidence du Président de la République Félix Antoine Tshisekedi, le 45ᵉ Conseil des ministres a examiné et adopté trois projets de décret décisifs pour le secteur de la santé publique en République démocratique du Congo.
Portés par le ministre de la Santé publique, hygiène et prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, ces textes marquent une avancée significative dans la lutte contre la circulation de médicaments de qualité douteuse, dans la régulation du circuit pharmaceutique et dans le financement pérenne du système de santé national.
Assainir l’approvisionnement en médicaments : vers une régulation stricte
Au cœur des débats, le Projet de décret portant organisation et fonctionnement du système national d’approvisionnement en médicaments constitue une réponse directe aux défis posés par la dispersion de produits pharmaceutiques contrefaits ou de qualité inférieure. Inscrit dans les dispositions de l’article 54 de la loi n° 18/035 du 13 décembre 2018, ce décret entend encadrer chaque maillon de la chaîne d’approvisionnement à partir des centrales d’achat publiques aux grossistes, jusqu’aux pharmacies de proximité.
L’objectif principal est de garantir à la population l’accès à des médicaments sûrs, efficaces et produits dans le respect des normes.
Pour y parvenir, le texte définit des critères rigoureux d’homologation, des procédures de contrôle systématique et des sanctions renforcées pour les acteurs délictueux.
En nationalisant ce dispositif, le Gouvernement met fin au vide réglementaire qui contribuait à nourrir le marché parallèle de produits frelatés, parfois à l’origine de tragédies sanitaires dans nos régions les plus éloignées.
Naissance de l’Agence Nationale du Médicament (ANAMED) : pilier de la transparence
En continuité de la réforme du circuit pharmaceutique, le Projet de décret créant l’Agence Nationale du Médicament (ANAMED) formalise la mise en place d’un service public dédié, chargé de coordonner tous les aspects liés à la sécurité et à la disponibilité des médicaments sur le territoire.
Cette nouvelle structure s’appuie sur les prérogatives conférées par l’Ordonnance-loi n° 23/006 du 3 mars 2023, laquelle venait compléter et renforcer la loi de 2018.
L’ANAMED incarne la volonté de l’État d’instituer une autorité unique et indépendante, chargée de l’enregistrement des produits, de l’inspection des sites de production, de la délivrance de licences aux importateurs et distributeurs, ainsi que du pilotage d’actions de sensibilisation auprès des professionnels de santé et des populations.
Grâce à cette agence, la transparence sera accrue, les délais d’homologation raccourcis et la traçabilité des lots de médicaments garantie.
À terme, cette réforme permettra de redonner confiance aux patients et de renforcer la crédibilité de notre système de santé, tant au plan national qu’à l’échelle internationale.
Une taxe pour financer durablement la santé : le Fonds de Promotion de la Santé
Le troisième acte législatif adopté lors de ce Conseil des ministres porte sur la création d’une taxe de promotion de la santé, destinée à alimenter le Fonds de Promotion de la Santé.
Cette mesure, inscrite dans la logique de la loi n° 18/035 du 13 décembre 2018 et renforcée par l’Ordonnance-loi n° 23/006 de mars 2023, vise à doter le système national de santé de ressources autonomes, moins dépendantes de l’aide extérieure.
En fixant les modalités de prélèvement et de gestion de cette taxe, le décret prévoit que chaque transaction pharmaceutique ou acte lié à l’importation et à la mise sur le marché de produits de santé génèrera un montant destiné au Fonds.
Ce dernier aura pour mission de soutenir l’expansion des infrastructures médicales, le renforcement des capacités de formation du personnel soignant et l’approvisionnement continu en équipements et consommables essentiels.
Grâce à ce levier financier, le Gouvernement entend répondre aux besoins croissants de la population en matière de prise en charge sanitaire, tout en construisant une base économique stable pour assurer la pérennité des services de santé, y compris dans les zones rurales et enclavées.
Un cap fixé vers une santé publique plus forte
Au terme d’un débat approfondi où les membres du Gouvernement ont souligné l’urgence d’agir face aux enjeux de santé, les trois décrets ont été adoptés à l’unanimité.
Le président Félix Antoine Tshisekedi a salué la détermination du ministre Kamba à porter la réforme du secteur pharmaceutique jusqu’à son aboutissement, soulignant que ces textes incarnent la volonté de l’État de faire de la santé un droit véritablement accessible à tous les Congolais.
Par ces réformes, la RDC franchit une nouvelle étape dans la construction d’un système de santé moderne, capable de répondre efficacement aux crises sanitaires, de lutter contre les médicaments de qualité douteuse et de garantir un financement stable et améliorer durablement les indicateurs de santé publique.
À présent, la mise en œuvre opérationnelle de ces décrets sera essentielle. Les prochains mois verront se déployer des équipes d’inspection, se constituer des comités de gestion du Fonds de Promotion de la Santé et se structurer les composantes de l’ANAMED.
Sous le leadership du Gouvernement et avec le soutien des partenaires techniques et financiers, cette nouvelle ère de la santé publique en RDC peut devenir une réalité tangible pour chaque citoyen.
À travers ces mesures, le gouvernement réaffirme la vision portée depuis 2018 et enrichie en 2023, celle d’assurer à chaque Congolais l’accès à des soins de qualité, tout en renforçant la résilience de nos structures sanitaires.
Lydia Mangala


