La plénière du mercredi 29 avril à l’Assemblée nationale aura été à la fois dense, suivie et politiquement significative. Sous la conduite du président de la chambre basse, Aimé Boji Sangara, les députés se sont penchés sur la motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani.
Sur les 500 députés que compte l’Assemblée nationale, 490 ont répondu présents, un taux de participation exceptionnel qui traduit l’importance accordée à cette séquence politique. Très vite, les échanges ont pris une tournure animée, opposant les partisans de la motion à ceux qui en contestaient la validité.
À l’issue des débats, la motion initiée par la députée Lady Lotika Likwela n’a pas franchi l’étape décisive. Elle a été rejetée à la suite d’une motion incidente introduite par le député Gary Sakata, qui a soulevé plusieurs irrégularités tant sur la forme que sur la procédure. Selon lui, ces manquements ne permettaient pas de poursuivre l’examen normal du texte en plénière.
Dans cet environnement marqué par des tensions et des prises de position parfois tranchées, la posture du président de l’Assemblée nationale a particulièrement retenu l’attention. Aimé Boji Sangara a choisi de se positionner « au milieu du village », refusant toute lecture partisane du dossier. En permettant que la motion soit débattue avant que sa recevabilité ne soit tranchée, il a voulu garantir un équilibre entre le droit d’initiative parlementaire et le respect strict des règles de procédure.
Tout au long de la séance, les droits des différentes parties ont été préservés. Les députés signataires de la motion ont pu défendre leur démarche devant la plénière, tandis que le Vice-Premier ministre Jacquemain Shabani a bénéficié de toutes les garanties nécessaires pour assurer sa défense et apporter ses explications.
Cette plénière aura surtout été un test grandeur nature pour la gouvernance parlementaire. Malgré les tensions, les débats se sont déroulés dans le respect des mécanismes démocratiques encadrant le contrôle de l’action gouvernementale.
Pour plusieurs observateurs, cette séquence entre dans la continuité des engagements pris par Aimé Boji Sangara lors de son investiture, notamment celui de conduire l’Assemblée nationale avec impartialité, dans le respect du règlement intérieur et de l’équité entre élus.
L’institution parlementaire congolaise a démontré que même au cœur de fortes divergences politiques, le débat démocratique doit rester encadré par des règles claires, garantes de la crédibilité et de la solidité des institutions.
Lydia Mangala


