Dans un contexte où la République démocratique du Congo cherche à optimiser l’impact de ses investissements dans l’éducation, la question de l’efficacité des dépenses publiques s’est imposée comme un axe central des discussions ce mercredi 29 avril à l’Hôtel Hilton de Kinshasa, à l’occasion de la deuxième journée du segment politique de haut niveau consacré au financement durable de l’éducation et de la formation.
C’est dans ce cadre que Jessica Véronique Webe, Directrice exécutive du UN Global Compact en RDC, a livré une intervention de fond, articulée autour de la transformation du système éducatif ne passe pas uniquement par une hausse des financements, mais par une meilleure qualité de gestion et d’allocation des ressources.
Face à un public composé de décideurs publics, de partenaires techniques et financiers et d’acteurs du secteur privé, elle a déplacé le débat vers une question de fond : comment obtenir plus de résultats avec des moyens mieux structurés.
« Le défi aujourd’hui ne se limite plus à l’accès à l’éducation, qui progresse, mais à la transformation qualitative du système éducatif », a-t-elle indiqué.

« Il ne s’agit pas forcément de dépenser plus, mais de dépenser mieux, de manière plus stratégique et plus efficace », a-t-elle précisé.
Son intervention s’est structurée autour de trois piliers essentiels notamment financer, aligner et exécuter. Le financement public doit, selon elle, rester le socle du système éducatif. Mais celui-ci doit être complété par un meilleur alignement des interventions afin d’éviter la dispersion des efforts, ainsi qu’une exécution plus rigoureuse des politiques publiques pour garantir des résultats tangibles.
« Sans coordination solide, sans vision commune et sans gouvernance efficace, il sera difficile de relier les efforts de l’État, du secteur privé et des partenaires au développement », a-t-elle averti.

Dans sa proposition, Jessica Véronique Webe a appelé à la mise en place d’une architecture plus cohérente du financement éducatif en RDC. Celle-ci reposerait sur un leadership national affirmé, un cadre de résultats clair et un plan de financement structuré intégrant une diversification des sources de financement.
Elle a également insisté sur la nécessité de réduire la fragmentation des interventions, en s’appuyant sur une cartographie précise des investissements et un meilleur alignement avec les priorités du ministère de l’Éducation. La coordination entre les acteurs a été identifiée comme un levier essentiel pour améliorer l’impact des politiques éducatives.
Par ailleurs, elle a proposé l’instauration d’un pacte de partenariat entre l’État, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers, fondé sur des engagements mesurables, des responsabilités clairement définies et une gouvernance transparente.
Elle a également encouragé la création de mécanismes incitatifs capables de stimuler les investissements conjoints dans le secteur éducatif, estimant que les réformes doivent également créer un environnement favorable à l’investissement.

« Investir dans le capital humain, c’est investir directement dans la croissance et la transformation durable du pays », a-t-elle rappelé en conclusion.
Jessica Véronique Webe a esquissé les bases d’un changement de paradigme dans le financement de l’éducation en RDC, où la performance, la coordination et la responsabilité partagée apparaissent comme les conditions essentielles d’une réforme durable.
Ben Mandjolo


