New York accueille dès ce lundi 22 septembre 2025 la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies.
Les représentants des 193 États membres, accompagnés de deux délégations d’observateurs, se retrouvent dans l’emblématique salle de l’Assemblée générale pour le traditionnel débat général, considéré comme le rendez-vous diplomatique le plus important de l’année.
Cette session s’ouvre dans un contexte mondial marqué par la persistance des guerres, des tensions géopolitiques croissantes, l’aggravation du changement climatique, la montée des inégalités de genre et les défis éthiques liés à l’intelligence artificielle.
Le thème retenu, « Meilleurs ensemble : 80 ans et plus pour la paix, le développement et les droits de l’homme », traduit la volonté de réaffirmer l’importance du multilatéralisme comme réponse aux crises contemporaines.
Une présidence féminine et un rituel diplomatique
Pour la cinquième fois dans l’histoire de l’ONU, une femme préside l’Assemblée générale.
Annalena Baerbock conduit les débats de cette 80ᵉ session qui, selon la tradition, ont été ouverts par le Brésil, suivi des États-Unis, pays hôte.
Plus de 193 dirigeants vont se succéder à la tribune en l’espace de six jours pour exposer les priorités de leurs nations, un exercice dont la durée théorique est limitée à quinze minutes mais qui dépasse souvent ce cadre.
Le conflit israélo-palestinien au cœur des débats
La question du conflit israélo-palestinien s’impose une nouvelle fois au centre des discussions. La solution à deux États, envisagée depuis longtemps comme issue au conflit, semble aujourd’hui plus éloignée que jamais’, selon les mots du Secrétaire général António Guterres.
Alors que le conflit à Gaza, déclenché en octobre 2023, a déjà causé près de 70 000 morts et maintient des otages en captivité, une conférence internationale se tient à New York afin de relancer les pourparlers, même si Israël et les États-Unis brillent par leur absence.
Beijing+30 : un combat inachevé pour l’égalité des sexes
Le débat autour de l’égalité des sexes occupe également une place importante. Trente ans après la Déclaration et le Programme d’action de Beijing, ONU Femmes constate un recul préoccupant des droits des femmes dans plusieurs régions du monde.
La rencontre Beijing+30 vise à réaffirmer des engagements en faveur de la révolution numérique inclusive, de la lutte contre la pauvreté, de l’élimination des violences faites aux femmes, de l’égalité dans la prise de décision et de la justice climatique.
Le défi climatique : urgence et responsabilité collective
La crise climatique demeure un autre sujet majeur. À l’approche de la COP30 prévue au Brésil en novembre, les dirigeants sont appelés à présenter de nouvelles contributions nationales pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et contenir la hausse des températures sous la barre critique de 1,5 °C.
António Guterres a insisté sur l’urgence de la situation en rappelant que « c’est le moment ou jamais » pour intensifier les efforts collectifs.
L’intelligence artificielle, promesse et menace
L’intelligence artificielle suscite enfin une attention particulière. Sa progression rapide transforme déjà les secteurs de la santé, de l’économie, des transports et de la communication, mais les inégalités d’accès aux technologies et les risques liés aux droits humains inquiètent.
Le jeudi 25 septembre 2025, les dirigeants mondiaux tenteront de poser les bases d’une gouvernance mondiale de l’IA, en l’absence aujourd’hui de tout cadre reconnu.
Le Secrétaire général a mis en garde contre le risque de voir l’IA accentuer les fractures sociales si aucun garde-fou n’est établi.
Une semaine diplomatique dense et symbolique
Parallèlement aux débats, plusieurs événements ponctuent cette semaine de haut niveau.
La commémoration du 80ᵉ anniversaire de la création des Nations Unies, un sommet sur l’économie mondiale durable et inclusive, une réunion sur les maladies non transmissibles et la santé mentale, une célébration du 30ᵉ anniversaire du Programme d’action mondial pour la jeunesse ainsi qu’une journée dédiée à l’élimination totale des armes nucléaires illustrent la diversité des priorités de l’agenda international.
L’ouverture de cette 80ᵉ session, au-delà de la portée symbolique, constitue un moment décisif pour réaffirmer la place de l’ONU dans la gouvernance mondiale.
Les débats de New York apparaissent comme une tentative collective de repenser un avenir commun fondé sur la paix, le développement durable et le respect des droits humains.
Lydia Mangala


