La République démocratique du Congo a officiellement lancé sa campagne pour la conquête du poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie. La première étape de cette offensive diplomatique était à Brazzaville, où une délégation congolaise de haut niveau a été reçue le mardi 31 mars 2026.
Conduite par le vice-ministre chargé de la Francophonie et de la diaspora, Crispin Mbadu, la délégation a présenté la candidate congolaise, Juliana Amato Lumumba, au président de la République du Congo, Denis Sassou-Nguesso. Pendant près d’une heure, les échanges ont porté sur les enjeux stratégiques de cette candidature et la mobilisation du soutien de Brazzaville.
À l’issue de cette audience, la candidate s’est montrée confiante quant à l’appui du chef de l’État congolais.
« J’ai eu l’honneur d’être reçue par Son Excellence Monsieur le Président Denis Sassou-Nguesso. Nos échanges ont porté sur les enjeux de la Francophonie et la nécessité de renforcer la coopération entre nos États », a-t-elle déclaré, saluant une Francophonie plus forte, inclusive et tournée vers l’avenir.
Cette étape à Brazzaville marque le début d’une tournée diplomatique plus large engagée par Kinshasa. Avant cela, la candidate avait déjà échangé avec des diplomates accrédités à Kinshasa, ainsi qu’avec le Président Félix Tshisekedi et la ministre des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba Wagner. L’objectif est de rallier un maximum de soutiens en vue de l’élection prévue lors du Sommet de la Francophonie, qui se tiendra les 15 et 16 novembre 2026 au Cambodge.
Pour Crispin Mbadu, le choix de Brazzaville n’est pas anodin.
« Nos deux pays sont une seule et même famille, il était nécessaire de passer par Brazzaville pour avoir cette bénédiction et solliciter un soutien sans faille », a-t-il expliqué.
Fille du héros national Patrice Emery Lumumba, Juliana Amato Lumumba entend insuffler un nouveau souffle à l’organisation.
« Je prône une Francophonie vivante, une Francophonie unie, plus inclusive, une Francophonie des peuples », a-t-elle affirmé, insistant sur la vision de sortir de la routine internationale pour rapprocher davantage l’institution des citoyens.
La RDC entre dans une course diplomatique qui s’annonce disputée. La candidate congolaise devra notamment faire face à la secrétaire générale sortante, Louise Mushikiwabo, soutenue par le Rwanda, ainsi qu’à la Mauritanienne Coumba Bâ.
Cette élection intervient dans un contexte régional sensible, marqué par des tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, notamment autour de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Au-delà de la compétition, cette candidature entre dans une stratégie plus large de positionnement diplomatique de la RDC sur la scène internationale. À travers cette offensive, Kinshasa entend peser davantage dans les instances multilatérales et porter une vision renouvelée de la Francophonie.
Le rendez-vous est désormais fixé en novembre prochain. D’ici là, la diplomatie congolaise compte multiplier les démarches pour transformer cette ambition en victoire.
Lydia Mangala


