La guerre que traverse actuellement la République démocratique du Congo ne se limite plus aux affrontements armés. Elle s’étend désormais à d’autres terrains, souvent invisibles mais tout aussi stratégiques. C’est le message fort porté par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, à l’occasion de la journée scientifique du Collectif des Anciens du Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD).
Dans son intervention, le porte-parole du gouvernement a dressé le constat d’une mutation profonde des conflits modernes, où l’information devient une arme à part entière.
« La guerre aujourd’hui ne se joue pas que sur le terrain militaire. Elle se joue aussi à travers les médias, dans les milieux académiques, dans les réseaux d’influence ou encore sur les réseaux sociaux », a-t-il déclaré.
Face à ce qu’il qualifie de « guerre hybride » impliquant notamment le Rwanda, la RDC a fait de la communication un levier stratégique, au même titre que les actions militaires et diplomatiques. Une approche assumée, centrée sur la diffusion d’informations fiables pour contrer les campagnes de désinformation.
« Avec la vérité comme notre arme principale, la stratégie du mensonge et des dénégations répétées du Rwanda a montré ses limites », a affirmé le ministre, insistant sur l’importance de la crédibilité et de la constance dans la bataille de l’opinion.
Dans ce contexte, Patrick Muyaya met en garde contre la circulation de faux récits et de manipulations visant à brouiller la perception du conflit.
« La manipulation (…) à travers des faux récits ne peut pas prospérer dans un contexte où la bonne information circule de manière permanente avec des médias pleinement mobilisés », a-t-il souligné.
Au-delà des institutions, le ministre appelle à une mobilisation collective. Il place les citoyens au cœur de ce combat informationnel, leur attribuant un rôle actif dans la défense de la vérité.
« Dans ce champ de bataille, chaque Congolais derrière son téléphone peut devenir un soldat, en relayant notre vérité et en stoppant la propagation du poison rwandais », a-t-il lancé.
Ce positionnement traduit une volonté claire des autorités congolaises de structurer un véritable front médiatique national, capable de répondre aux enjeux contemporains de l’information. Dans une ère dominée par les réseaux sociaux et les flux instantanés de contenus, la maîtrise du récit devient un enjeu de souveraineté.
Le gouvernement entend ainsi renforcer la compréhension des citoyens sur les dynamiques du conflit, tout en les impliquant directement dans la défense de l’image et des intérêts du pays.
Cet appel du ministre Patrick Muyaya marque une étape dans la stratégie globale de la RDC de faire de la communication un pilier de résistance et d’affirmation nationale, dans un contexte où la bataille se joue autant dans les esprits que sur le terrain.
Lydia Mangala


