Kinshasa, capitale tentaculaire de la République Démocratique du Congo, continue de lutter contre le récurrent problème d’nsalubrité. Malgré les différentes campagnes de nettoyage, comme « Kinshasa Ezo bonga » et la nouvelle phase de « Bala-Bala Eza Wenze Te », les grandes artères de la ville restent souvent jonchées de déchets. Les marchés pirates, expulsés des avenues principales, réapparaissent régulièrement, plongeant la ville dans un cycle sans fin de désordre urbain.
Dans les premières heures de ce vendredi 13 février, le Vice-Gouverneur Eddy Iyeli Molangi était sur le terrain pour superviser la nouvelle phase de l’opération « Bala-Bala Eza Wenze Te » sur l’avenue de la Libération (ex-24 Novembre). L’objectif était de libérer les espaces publics, dégager les artères des étalages illicites et rétablir la circulation. La présence matinale du Vice-Gouverneur montre la volonté de l’exécutif provincial de suivre de près les travaux et d’assurer un assainissement durable.
Néanmoins, cette action, bien que louable, semble n’être qu’une goutte d’eau dans un océan de défis. Partout dans la ville, des tas d’ordures s’accumulent dans les caniveaux, sur les routes et dans les espaces publics. Les pluies transforment souvent les rues en rivières de boue et de déchets, compliquant l’évacuation de l’eau et favorisant la prolifération de maladies.
Les opérations de déguerpissement des vendeurs informels, destinées à sécuriser la circulation et prévenir les accidents, restent temporaires. Quelques mois après chaque intervention, les étals réapparaissent, recréant les mêmes nuisances. Cette situation contribue à faire de Kinshasa, malgré tous les efforts, une capitale marquée par l’insalubrité.
La qualité de l’eau, souvent trouble et boueuse, vient renforcer le risque sanitaire. L’insalubrité et le manque d’accès à une eau potable sûre représentent un véritable danger pour la santé des habitants.
Pour que ces opérations aient un véritable impact, elles doivent s’inscrire dans une stratégie globale et durable. Cela implique non seulement des interventions régulières sur le terrain, mais aussi une sensibilisation de la population à l’hygiène et à la gestion des déchets, ainsi qu’une application stricte des règles en matière d’urbanisme et de commerce.
Sans un changement de mentalité et un engagement collectif, Kinshasa risque de rester prisonnière de son insalubrité. La propreté de la capitale est l’affaire de tous, et seul un effort commun pourra permettre à la ville de retrouver un cadre de vie digne pour ses habitants.
Joëlle Luniongo


