Dernière ligne droite pour les finalistes du secondaire. À partir de ce lundi 28 juillet 2025, ils seront plus d’un million à travers la République Démocratique du Congo à affronter les épreuves de la session ordinaire de l’Examen d’État.
Véritable moment de vérité dans le parcours scolaire congolais, ce rendez-vous annuel s’impose comme un rite de passage chargé d’espoir, de stress et de détermination pour la jeunesse.
Organisé dans un contexte marqué par les tensions sécuritaires, les inégalités provinciales et les défis logistiques, l’EXETAT 2025 représente aussi la résilience d’un système éducatif en quête de renouveau.
Une session nationale malgré les turbulences
Avec 1 079 341 candidats inscrits à la session ordinaire, l’édition 2025 de l’Examen d’État s’annonce comme l’une des plus importantes de la décennie. Sur ce total, 461 184 sont des filles, soit près de 43 %, une progression notable en matière de parité.
Les 3 165 centres d’examen répartis sur l’ensemble du territoire témoignent de la dimension nationale de ce processus.
Cette année encore, l’État congolais, à travers le ministère de l’éducation nationale et nouvelle citoyenneté (EDUC-CN), a tenu à maintenir ce rendez-vous malgré les obstacles, notamment les poches d’insécurité persistantes dans l’Est du pays, les grèves dans certains établissements publics et les contraintes budgétaires liées à la conjoncture économique.
Quatre jours, quatre épreuves clés
Le calendrier officiel s’étale sur quatre jours consécutifs :
– Lundi 28 juillet : Épreuve de Culture générale, commune à toutes les options ;
– Mardi 29 juillet : Épreuve de Sciences, axée sur les fondamentaux scientifiques ;
– Mercredi 30 juillet : Épreuve spécifique à chaque option (commerciale, pédagogique, littéraire, scientifique, etc.) ;
– Jeudi 31 juillet : Épreuve de Langues, portant sur les langues nationales et/ou étrangères ;
Ces examens marquent la fin du cycle secondaire. Ils sont précédés, comme le veut la tradition, des épreuves hors-session : dissertation, français oral, et pratique professionnelle pour les options techniques et professionnelles.
Conflits à l’Est, mais volonté d’instruction maintenue
Dans les provinces de l’Est du pays notamment l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, les Haut et Bas-Uélé, la situation sécuritaire reste volatile.
Pourtant, les autorités éducatives ont réussi à maintenir l’organisation des épreuves. Des centres ont été délocalisés à Bunia, Beni, Goma ou ailleurs pour permettre aux élèves issus des zones à haut risque de participer.
À Djugu, par exemple, les candidats ne peuvent plus passer les épreuves localement : ils sont acheminés vers des zones plus sûres, parfois avec le soutien logistique des autorités militaires ou des ONG.
En signe de solidarité, le gouvernement a décidé d’exonérer totalement les frais d’examen pour les candidats de ces zones en conflit, un geste salué par les familles et les organisations de la société civile.
Coût variable selon les provinces
Le montant exigé pour participer à l’Examen d’État varie fortement d’une province à l’autre, en raison de la décentralisation du système éducatif.
– À Kinshasa, le tarif est resté stable à 31 000 Fc.
– Dans des provinces comme le Mai-Ndombe, le Haut-Uélé ou encore la Tshopo, les frais ont grimpé jusqu’à 85 000 voire 95 000 Fc, suscitant des débats sur l’équité d’accès.
La gestion des frais revient aux sous-coordinations provinciales, en fonction des besoins logistiques et des réalités locales. Certaines provinces justifient ces montants par des coûts élevés de transport, de sécurité ou d’impression.
Focus sur l’Ituri 1 : 18 900 candidats dans 55 centres
Dans la province éducationnelle Ituri 1, 18 900 finalistes sont attendus dans 55 centres d’examen. La ville de Bunia regroupe à elle seule plus de la moitié de ces élèves, avec des centres de grande capacité.
Malgré les menaces de groupes armés dans certaines zones rurales, toutes les dispositions sécuritaires et pédagogiques ont été prises pour un déroulement sans incident. Un plan de mobilité sécurisée a été mis en place pour les élèves des territoires les plus sensibles.
Un rendez-vous avec l’avenir
Au-delà des chiffres, c’est toute une génération de jeunes Congolais qui s’apprête à écrire une page importante de leur vie. L’Examen d’État demeure un symbole d’égalité des chances, même imparfait. Il incarne le rêve d’un avenir meilleur, la fierté des familles, la détermination des enseignants, et le combat de tout un pays pour l’éducation.
À ces millions d’élèves, finalistes d’un long parcours, la Nation adresse ses encouragements. Dans un contexte parfois dur, leur courage et leur ambition sont à saluer. Ils sont les bâtisseurs de demain.
Lydia Mangala


