Alors que la Province et la mairie de Kinshasa examinent encore en comité la proposition du gouverneur Daniel Bumba relative à l’interdiction de circulation des poids lourds et à l’instauration d’un dispositif de circulation alternée, le chef de la police de la ville a pris les devants.
Sur instruction de l’état-major, toutes les unités ont reçu un télégramme interne, dont une copie a fuité, leur enjoignant de faire respecter sans délai les mesures qui ne sont, pour l’instant, que des projets de décret.
Une application anticipée sur le terrain
Dès ce lundi 19 mai, les camions et remorques de plus de vingt tonnes transportant boissons, ciment, grumes ou sable devront rester à l’arrêt entre 05 h 01 et 21 h 59.
Parallèlement, les véhicules légers seront soumis à un système de plaques alternées : ceux dont le dernier chiffre est impair pourront circuler les lundis, mercredis et vendredis, tandis que les plaques paires seront autorisées les mardis, jeudis et samedis.
Le dimanche, aucun dispositif n’est prévu, permettant ainsi une libre circulation sur l’ensemble du réseau routier de la capitale.
Entre efficacité routière et interrogations juridiques
Cette décision, bien qu’accueillie avec soulagement par certains riverains exaspérés par les embouteillages chroniques, suscite également des questions sur la légalité d’une mesure non encore promulguée.
Plusieurs automobilistes et transporteurs ont exprimé leur étonnement de voir la police appliquer immédiatement une consigne dont le caractère réglementaire n’a pas été confirmé par un arrêté officiel ni publié au Journal officiel.
Des associations de chauffeurs envisagent de saisir le médiateur de la République pour contester cette mise en œuvre anticipée.
Vers une harmonisation des textes et de la pratique ?
Face à la controverse, le cabinet du gouverneur Daniel Bumba a indiqué travailler à la finalisation de l’ordonnance municipale, qui devrait être rendue publique dans les prochains jours.
De son côté, la police justifie son action par la nécessité de maintenir la fluidité du trafic et de prévenir les accidents, estimant que la coordination entre les autorités provinciales et les forces de l’ordre doit se traduire concrètement sur le terrain.
Alors que l’on s’oriente vers la publication officielle du texte, Kinshasa se trouve déjà plongée dans la réalité de cette réforme de la circulation, entre application anticipée et incertitudes juridiques.
Lydia Mangala


