Ce vendredi 16 mai 2025, devant l’Assemblée nationale, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a dressé un bilan exhaustif du programme de maternité gratuite lancé en septembre 2023.
Pour lui, cette réforme n’est pas une faveur, mais un droit :
« Il était temps. Trop de mères sont mortes en silence. Trop d’enfants n’ont pas eu la chance de vivre. »
Une réforme historique et ses fondements
Le gouvernement a pris un tournant sans précédent en garantissant l’accès gratuit à l’accouchement et aux soins du nouveau-né.
Le ministre a rappelé que la gratuité ne vise pas l’universalité des structures, mais la qualité :
« Nous ne choisissons pas tous les centres de santé, car notre objectif n’est pas de rendre tout gratuit, mais d’orienter les mamans vers des soins de qualité. »
Appuyé par la Banque mondiale et le Conseil national de la Couverture Santé Universelle (CSU), le dispositif est entré en vigueur à Kinshasa avant d’être étendu à quatorze provinces.
Aujourd’hui, plus de 4 500 formations sanitaires publiques et privées participent au programme, sélectionnées selon des critères rigoureux de l’Autorité de régulation.
Un bilan chiffré après 15 mois
L’évaluation menée par le CSU a permis de mesurer l’impact concret de la réforme :
– 2 315 586 femmes et nouveau-nés pris en charge gratuitement
– La mortalité néonatale passée de 23 à 18 pour 1 000 naissances
– 38 753 accouchements gratuits enregistrés à Maïndombé
Le ministre a insisté sur la portée sociale de ces chiffres :
« Ce programme est un succès. Il sauve des vies. Il restaure la dignité. Et il mérite d’être renforcé. »
Avant la réforme, 70 à 74 femmes perdaient la vie chaque jour en mettant au monde un enfant.
Selon Roger Kamba :
« Une femme meurt encore toutes les 4 heures en RDC en donnant la vie. Ce programme veut inverser cette réalité. Et il y parvient. »
Mécanisme de mise en œuvre et qualité des soins
Le processus de sélection et d’accréditation garantit que seules les structures capables d’assurer des soins complets sont retenues.
Le ministre a détaillé les étapes :
– Sélection rigoureuse des centres sur la base de critères de qualité
– Évaluation et accréditation par l’Autorité de régulation
– Contractualisation avec le Fonds de Solidarité
– Prise en charge intégrale des soins liés à la maternité et au nouveau-né
À Kalembe-Lembé, Ngaliema, Mama Yemo et aux Cliniques universitaires, on constate une hausse de +207 % des rémunérations en novembre 2023 et +259 % en décembre 2023, preuve d’un financement efficace :
« Nous n’avons retiré aucune activité aux hôpitaux. Nous avons simplement dit une chose : les mamans et les bébés ne paient plus. »
Perspectives et financement durable
Pour assurer la pérennité du programme, le gouvernement a opté pour un financement mixte :
– Fonds de l’État
– Appui de la Banque mondiale
– Système contributif validé par le Conseil National du Travail
Dès juillet prochain, 2,5 % des salaires (0,5 % à la charge du travailleur et 2 % de l’employeur) seront affectés à la CSU. Selon Roger Kamba :
« Ce prélèvement pérennise la gratuité. Il transforme une décision politique en système durable. »
En province de Maïndombé, 325 structures, dont 23 à Mushi, offrent désormais la gratuité, et 38 753 accouchements y ont été pris en charge.
Près de 500 000 USD ont déjà été mobilisés pour cette seule zone de santé. Pour le ministre, ce succès doit se répéter :
« Ce que nous faisons à Maïndombé, nous le ferons partout. Parce que la vie d’une mère, où qu’elle vive, a la même valeur. »
Au terme de son intervention, Roger Kamba a réaffirmé la détermination du gouvernement :
« Deux choix sont possibles : soit on laisse les mères continuer à payer pour donner la vie, soit on applique la loi que vous avez votée. Nous ne laisserons plus les femmes payer pour accoucher. »
L’année écoulée et les résultats atteints démontrent qu’en RDC, la gratuité de la maternité est un droit gagné, un levier de justice sociale et un moteur de développement durable.
Lydia Mangala


